mardi 17 avril 2018

Citation

Winnicott a été le premier analyste à formuler une hypothèse génétique du Soi, à évoquer cette expérience subjective d'être au monde qui se développe en parallèle des fonctions psychiques. Le point de départ pour le développement émotionnel de cette subjectivité se situe dans cette période précoce de l'enfance, où la mère sert de miroir à son enfant, autrement dit le réfléchit, en parvenant à s'identifier avec lui, avec ses désirs et ses besoins. La constance du sentiment de réalité, ainsi que la base de notre sentiment de sécurité et de notre bien-être psychique, se fondent sur nos toutes premières relations avec un adulte capable de nous reconnaître et de nous restituer le sens de notre spécificité personnelle.

Franco De Masi, Leçons de psychanalyse

vendredi 30 mars 2018

Citation

Du point de vue de l'enfant, rien ne peut remplacer les parents qui ont entre eux une relation d'amour. Une masse de mots ou de théories ne remplacera jamais les parents qui s'aiment.

Wilfred R. Bion, Entretiens psychanalytiques

mardi 27 mars 2018

Citation

Les analystes, soutient Bion, ont besoin de faire disparaître de leur mental le bruit de fond du monde sensible pour devenir plus réceptifs aux autres messages du monde psychique.

Sudhir Kakar, Fou et divin

mardi 20 mars 2018

Citation

Dans la vision de Bion, l'enfant sombre dans une "terreur sans nom" lorsque la mère ne peut pas accueillir, transformer puis restituer ses identifications projectives. Ce processus raté serait à la base de toutes les déformations et tous les effondrements de la personnalité adulte. Non seulement la mère est incapable d'accueillir les identifications projectives de son petit, mais elle peut, en outre, projeter ses propres angoisses sur lui, en l'utilisant comme contenant. La dynamique contenant-contenu se réactualise lors du transfert et du contre-transfert.

Franco De Masi, Leçons de psychanalyse

vendredi 16 mars 2018

Citation

Donc je pense qu'il est seulement exact de présumer que s'il est juste de parler de gens timbrés ou sensés, alors ce doit être vrai pour tous les êtres humains. Il serait ridicule de croire que l'un est ex officio sain d'esprit ou sensé, et que d'autres ne le sont pas.

Wilfred. R. Bion, Entretien sur la méthode avec W. R. Bion, Psychiatrie française n° 1, 1986

mardi 13 mars 2018

En ligne sur cairn.info (accès payant) : "La crainte de l’effondrement : un exemple clinique" par Clare Winnicott, Revue française de psychanalyse Vol. 82, n° 1, 2018

La crainte de l’effondrement : un exemple clinique
par Clare Winnicott

Cet article décrit un traitement avec une patiente dont la crainte inconsciente de l’effondrement minait de plus en plus sa capacité de fonctionner. Le faux-self défensif que la patiente avait organisé pour faire face à un trauma précoce était en train de craquer pour laisser place à des angoisses et à des troubles psychosomatiques. Le travail analytique a consisté à faire vivre à la patiente, d’étape en étape, l’expérience de la douleur et de la terreur de son effondrement premier.

https://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2018-1-p-15.htm

mardi 6 mars 2018

A paraître ce mois-ci : "En séance", numéro de la Revue française de psychanalyse, T. 82, n° 1

Ce numéro est consacré à l'un des moments les plus emblématiques et les plus vivants de la psychanalyse : la séance d'analyse. Freud la comparaît à un jeu d'échec, soulignant sa complexité et aussi la difficulté d'en parler. Un siècle plus tard, les pratiques analytiques se sont diversifiées : la séance analytique est désormais proposée selon différents cadres (privés, publiques, voire à distance), aux différents âges de la vie, du nourrisson au grand âge, individuellement ou en groupe. Bien que la référence aux topiques (différences des sexes et des générations) demeure invariable, la diversité des pratiques (psychanalyse sur le divan, thérapie en face à face, psychodrame, thérapie de groupe, consultation, consultation mère/bébé, etc.) introduit des variations dans la nature de la séance, sa fonction, sa fréquence et sa durée. Réfléchir à ces différentes pratiques permet d'interroger les différentes voies curatives proposées par les psychanalystes et de les évaluer.

Sommaire
Editorial


I. CADRE,  SEANCE, PROCESSUS,
Clare Winnicott –  A propos de la crainte de l’effondrement ?


II. METAPSYCHOLOGIE DE LA SEANCE
Botella C. –  Simultanéité en séance et processus analytique
G. Civitarese Rester en attente –  À propos du concept bionien de capacité négative
M. Feldman – Choréography in enactement
H.  Levine – L'Interaction des émotions dans la séance analytique
V. Estellon – En séance, hors séance


III. L'ETAT DE SEANCE
S. Sausse – La séance unique
E. Sechaud – Le silence du psychanalyste
J. Press  – Séances


IV. MODALITES TRANSITIONNELLES DE LA SEANCE
R. Roussillon – Le transitionnel et le travail psychanalytique en séance
V. Bonaminio – En séance : le transfert avant le transfert
F. Pommier  – Le patient d’après


V. LA SEANCE DE GROUPE
N. Zilka, F. Ladame – Séance de psychodrame, séance de psychanalyse : similitudes et différences
M. Bitan – Fenêtres sur des séances de groupe


RENCONTRE
Cordelia Schmidt-Hellerau – La résolution par l’intégration. Une invitation à reconsidérer la théorie des pulsions
Michel Ody – A propos du texte de Cordela Schmidt Hellerau
Cordelia Schmidt-Hellerau – A propos de la réponse de Michel Ody


RECHERCHES
Pascale Baligand – Une chambre à soi. Réflexions sur les liens entre espace et présentabilité
Sébastien Bogajewski – Le jeu vidéo comme idiome subjectif des troubles identitaires


REVUES DES LIVRES ET DES REVUES

https://www.puf.com/content/RFP_2018_t_82_n%C2%B0_1

vendredi 2 mars 2018

Citation

Donald Winnicott n'a pas connu l'état de parent, il n'a pas eu à exercer ce que les psychanalystes se plaisent à nommer la "fonction paternelle" (comme si devenir père, être père, était une fonction !). N'ayant pas eu d'enfants, il a su, comme nul autre thérapeute, entre en relation avec les centaines d'enfants qu'il a reçus. Winnicott ou le docteur enfant.

J.-B. Pontalis, Le Dormeur éveillé

mardi 27 février 2018

Citation

Cela dit, je ne veux pas dire que Freud a tout dit. Je fais très couramment usage de notions ou de concepts dont Freud n'a jamais eu l'idée. [...] celui d'"aire transitionnelle" de Winnicott, est apparu comme une solution à des antagonismes qui paraissaient bloqués.

André Green, Entretien avec Pierre Bayard et Jean Bellemin-Noël, revue Littérature n° 90, 1993

vendredi 16 février 2018

Matinée d’études : La formation de l’analyste le samedi 10 mars 2018 à Paris


Matinée d’études : La formation de l’analyste
À l’occasion de la parution du livre Leçons de psychanalyse. Psychopathologie et psychanalyse clinique pour l’analyste en formation, avec la participation de l’auteur, Franco De Masi,
et d’Annick Sitbon  Patrick Guyomard, Bernard Chervet,
Alain Gibeault, à la Maison des Métallos,
 
le samedi 10/03, de 9h30 à 12h30
94, rue Jean-Pierre-Timbaud, Paris XI.
Entrée libre, dans la mesure des places disponibles.

mardi 13 février 2018

Citation

Nul ne connaîtra jamais ce qui se passe dans la séance d'analyse, la chose en soi, O ; nous ne pouvons parler de ce que l'analyste ou le patient a le sentiment de vivre, de son expérience émotionnelle - ce que je désigne par T.

Wilfred R. Bion, Transformations, passage de l'apprentissage à la croissance

vendredi 9 février 2018

Citation

Winnicott a introduit un nouvel élément décisif dans la clinique. À partir de sa théorie de l'espace et des phénomènes transitionnels, d'une troisième dimension intermédiaire entre le dehors et le dedans, le sujet et l'objet, il en vient à concevoir la situation analytique comme espace de jeu. Pour lui, un analyste qui serait incapable de jouer ferait mieux de changer de métier.

Joyce McDougall, Après Lacan : le retour à la clinique. Entretiens et introduction par Fernando Urribarri

mardi 6 février 2018

À paraître en mars aux éditions d'Ithaque : "Leçons de psychanalyse : Psychopathologie et psychanalyse clinique pour l'analyste en formation" de Franco De Masi

Leçons de psychanalyse : Psychopathologie et psychanalyse clinique pour l'analyste en formation

À paraître le 10 mars 2018 aux éditions d'Ithaque

Quels modèles théoriques inspirent principalement la psychanalyse actuelle ? Comment comprendre les lois de l’inconscient face à celles de la réalité émotionnelle ? Quelle est la différence entre le transfert et la relation analytique, la dépression mélancolique et la dépression non mélancolique ? Comment travailler avec le contre-transfert ou avec les identifications projectives ? Comment aborder, dans la cure, le narcissisme et la construction des refuges psychiques ? Voici quelques-uns des nombreux sujets auxquels Franco De Masi s’attaque dans cette série de leçons psychanalytiques données à l’Institut de formation de Milan. Pleinement averti des transformations qui agitent la psychanalyse contemporaine, l’auteur passe en revue les fondamentaux de la pratique de l’analyste. Portant haut les couleurs d'une psychopathologie proprement psychanalytique, l’ouvrage contextualise l'émergence de certains concepts-clés et suit leur évolution au fil du temps, fournissant à l’analyste en formation un panorama extrêmement clair et utile de la psychanalyse clinique d'aujourd'hui.

https://www.ithaque-editions.fr/ithpsy030-lessons

mardi 30 janvier 2018

Citation

Les paradoxes sont essentiels pour la vie psychique. A ce sujet, je pense que Winnicott nous a fourni quelque chose de capital : l'idée de ces paradoxes fondamentaux qui doivent pouvoir être admis, vécus, et rester irrésolus. Je suis donc d'accord avec vous pour dire que, à la fin de l'analyse, certains paradoxes doivent s'articuler le mieux possible ; qu'il ne s'agit pas de les surmonter, de les "résoudre", mais de les accepter de la façon la plus personnelle et créative possible.

Joyce McDougall, Après Lacan : le retour à la clinique. Entretiens et introduction par Fernando Urribarri

vendredi 26 janvier 2018

Citation

Il est plus facile pour l'enfant de supporter la mort des parents, ou de s'en remettre, que de supporter les complications provenant de difficultés émotionnelles entre les parents.

Donald W. Winnicott, La nature humaine

vendredi 19 janvier 2018

À paraître en février aux éditions Gallimard : "Des gens ordinaires, avec George Orwell et Donald Woods Winnicott" de Jean-François Le Goff

Le docteur Jean-François Le Goff était un homme intransigeant, comme ses deux héros, et, comme eux, il ne se payait pas de mots. Il a été emporté par une rechute imprévue de ce qu’il ne lui serait jamais venu à l’idée d’appeler une «longue maladie». 
Dans ce livre à son image, à la fois discret et engagé, se côtoient et se rencontrent deux auteurs peu conformes qui ne se sont pas connus : George Orwell (1903-1950) et Donald W. Winnicott (1896-1971) pour qui les gens ordinaires ont été un objet de pensée, d’écriture, de théorie. Orwell, qui prend leur parti les armes à la main en Espagne, finira par rejoindre les marginaux, les quelconques, et par être lui-même marginalisé dans le (petit) monde intellectuel ; Winnicott se battra pour que l’on écoute ce que les ordinary mothers (l'expression revient sans cesse dans ses travaux) ont à dire de leur propre ordinaire, mères banales vivant dans l’East End – quartier défavorisé –, mères aux enfants élevés avec les moyens du bord, femmes aux manières communes, passables, good-enough. 
Être ordinaire, c’est être de tous les jours. C’est aussi le début de la déshumanisation. 
L’écrivain et le psychanalyste ont lutté contre la déshumanisation. Dans de courts chapitres, l’auteur les fait se rencontrer, entre deux pages, deux citations, dans les couloirs de la BBC, dans un courrier. Il juxtapose, éloigne, compare, assemble ou dérange des pièces d’un puzzle imparfait, mais éclairant : pour faire entendre comment l’ordinaire informe les passions et la vie, il faut être soi-même insolite. 
En toile de fond, l’auteur évoque le vif de ses propres engagements et la Julia de 1984 se confond, à la fin du livre, avec une autre Julia, sans doute disparue en Amérique du Sud quand certains, après 1968, ne pouvaient renoncer à la vie extraordinaire et sont devenus des personnages de Chris Marker.

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Connaissance-de-l-Inconscient/Le-principe-de-plaisir/Des-gens-ordinaires

mardi 16 janvier 2018

Citation

J'aime beaucoup la dédicace de Winnicott : "À mes patients, qui m'ont tout appris." C'est vrai. J'ai autant appris de Freud que de mes patients.

J.-B. Pontalis, Après Lacan : le retour à la clinique. Entretiens et introduction par Fernando Urribarri

vendredi 12 janvier 2018

Citation

Fernando Urribarri - Vous avez parlé du "paradoxe de l'effet Winnicott" ; à quoi faisiez-vous référence ?

J.-B. Pontalis - Ce n'est pas tellement l'argumentation de Winnicott qui frappe le lecteur ; ce n'est pas la tentative de théoriser l'objet transitionnel, ou que sais-je, qui produit un changement dans la pensée de l'analyste. En fait, son travail modifie plutôt l'écoute. Il y a des lectures qui ont cet effet. Je ne suis pas d'accord, par exemple, avec l'idée d'un vrai ou faux self, mais il y a là une intuition très riche ; elle ne sert pas à cataloguer nos patients - "celui-ci est un faux self !" -, elle permet de penser certains mouvements de la clinique. Cela a éclairé beaucoup de choses à un moment donné.

J.-B. Pontalis, Après Lacan : le retour à la clinique. Entretiens et introduction par Fernando Urribarri

mardi 9 janvier 2018

Vient de paraître : "Interpréter", numéro spécial congrès de la Revue française de psychanalyse vol. 81, n° 5

Revue française de psychanalyse

2017/5 (Vol. 81)

Interpréter

Le thème du congrès interrogeait donc l’activité par excellence du psychanalyste : quand, comment, à quelles conditions, à quelle profondeur peut-on ou faut-il interpréter ? Entre mise en attente et urgence, l’analyste tente de choisir le moment et la formulation susceptibles de provoquer les déplacements ou mutations optimales. Mais l’interprétation est aussi « ce qui lui vient », portée par la dynamique transféro-contre-transférentielle ou la bousculant, instaurant des maillons intermédiaires, comme le montrent les rapports d’Emmanuelle Chervet : « Patient, et interprète. Le domaine intermédiaire » et de Brigitte Eoche-Duval : « L’interprétation analytique, un acte subversif ».