vendredi 8 décembre 2017

Citation

Je considère que Jeu et réalité est un grand livre.

André Green, Genèse et situation des états limites

mardi 5 décembre 2017

Citation

Le mot "carences" se rencontre bien dans les écrits de Winnicott, il reste néanmoins descriptif, sans statut métapsychologique. La notion correspondante qui fait l'objet d'une élaboration attentive est presque inverse : empiètement. Dans le fond il n'y a jamais de carence pour un nourrisson ; pour lui c'est toujours trop, toujours traumatique. La carence est un point de vue d'observateur. Ce qui est défaut, manquement pour ce dernier, est attaque, effraction (des limites du moi) pour la bébé.

Jacques André, Introduction. L'unique objet in "Les états limites"

vendredi 24 novembre 2017

Citation

L'objet transitionnel est un tenant lieu d'une mère interne. Cette internalisation va s'articuler à la capacité de fabriquer des hallucinations négatives (capacité du psychique à rendre absent un objet qui est présent dans le champ perceptif). Aujourd'hui les banalisations grossières de la théorie de l'objet transitionnel (assimilé au "doudou" ou au nounours) nous amènent à repréciser avec Winnicott que ce n'est, bien entendu, pas l'objet qui est transitionnel, mais l'utilisation qui en est faite ! Avec les phénomènes transitionnels, Winnicott met l'accent sur la capacité du psychique à rendre présent intérieurement, grâce à l'activité fantasmatique et hallucinatoire, un objet absent dans la réalité extérieure. [...] Pour halluciner négativement un objet, il faut être capable de l'oublier. On comprend bien que si l'objet primordial répond à chaque sollicitation de l'enfant de manière anxieuse, omniprésente et surprotectrice, l'enfant aura du mal à fabriquer les capacités psychiques qui lui rendront possible de supporter l'absence de l'objet.

Vincent Estellon, Les états limites

vendredi 17 novembre 2017

Citation

Je soutiens que la crainte clinique de l'effondrement est la crainte d'un effondrement qui a déjà été éprouvé.

Donald W. Winnicott, La crainte de l'effondrement

mardi 7 novembre 2017

Bientôt en librairie : "Après Lacan : le retour à la clinique" par Fernando Urribarri aux éditions d'Ithaque

Bientôt en librairie

Après Lacan :
le retour à la clinique


Entretiens avec
J.-B. Pontalis, Jean Laplanche,
Piera Aulagnier, Joyce McDougall,
André Green

par Fernando Urribarri
En présentant douze entretiens tenus entre 1992 et 2011, ce livre restitue une vingtaine d’années de dialogues avec quelques-unes des plus grandes figures du post-lacanisme français. D’abord élèves de Lacan à l’époque du glorieux « retour à Freud », ces psychanalystes allaient bientôt se séparer du maître pour poursuivre leurs propres recherches, prônant un rejet des positions théoricistes et un retour salutaire à la clinique.

Coll. Psychanalyse
232 p. – 22 €
lire un extrait

vendredi 3 novembre 2017

Citation

L'aliénation est le thème fondamental - jamais nommé - de la théorie de D. W. Winnicott.

Roland Gori, "La question Winnicott", Psychanalyse à l'université, Tome 5, n° 17, décembre 1979

vendredi 27 octobre 2017

Extrait de "La fin de l’analyse : des rimes et des routes" de Marcio de Freitas Giovannetti



La contribution de Bion à la pensée kleinienne a été fondamentale, lorsqu’il a introduit la modification du sens de la flèche position shizoparanoïde—post dépressive, retrouvant par là l’esprit freudien d’alternance, simultanéité et complémentarité des processus mentaux. Car tout choix d’orientation implique une rigidification de la pensée et l’enfermement à l’intérieur de l’idéologie d’une époque et d’un groupe. Si la psychanalyse existe c’est justement parce qu’un homme a remis en question l’establishment scientifique de son époque, amenant sur le devant de la scène tout ce qui était relégué au second plan. Et ceci nous confronte à la question de la nécessité de changement de perspective ou de prismes, question qui touche, ainsi que le considérait Bion, à la nature même de la psychanalyse. La parole de l’hystérique était l’autre parole, au temps de Freud. Ce qui n’est rien d’autre que ce que Bion signifie lorsqu’il parle du nouveau, de l’écoute du nouveau. Le nouveau n’est en aucune manière ce qui n’existe pas encore, il est tout autant ce qui n’a pas encore été pensé que ce qui n’a pas été, pour une raison historique ou circonstancielle, considéré important. Les relectures ne sont-elles pas bien souvent plus éclairantes que les lectures classiques ou dogmatiques de nombreux textes ?

Extrait de "La fin de l’analyse : des rimes et des routes" de Marcio de Freitas Giovannetti

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mardi 24 octobre 2017

Présentation des séminaires "Bion in Marrakech"

À New York en 1977, Bion avait suggéré que soit rédigé un livre intitulé « L‘interprétation des faits ». Les « faits » y auraient été traduits en langue des rêves afin de parvenir  à une « circulation à double sens » avec L’interprétation des rêves (où les rêves sont traduits en faits).
Le séminaire « Bion in Marrakech » entend établir cette circulation à double sens entre les analystes internationaux, individus et groupes, s’exprimant en anglais ou en français; entre nos orientations scientifiques et nos contributions imaginaires; et aussi, littéralement, entre Marrakech où s’est tenu  le premier séminaire  en 2013, et Marseille où le séminaire se tient désormais (le titre initial «Bion in Marrakech» a été conservé pour transmettre le désir d’un débat en terrain neutre). En l’occurrence, Marrakech reste un « ailleurs » imaginaire et la matrice d’un rêve fait de désirs et de craintes évoquant Le città invisibili d’Italo Calvino (« Villes invisibles« ).
Le séminaire est une réunion internationale auto-financée, limitée à 50-60 personnes. Contrairement aux grandes rencontres, il est attendu des personnes qui voudront s’y inscrire une participation à l’intégralité des travaux, y compris la session de clôture, afin que la discussion puisse se tisser au fur et  à mesure. Une connaissance approfondie de l’œuvre de Bion n’est pas nécessaire; ce qui importe est de prendre plaisir à discuter le travail clinique.

vendredi 20 octobre 2017

Extrait de l'argument de "L'ennui", Revue française de psychanalyse (Tome LXXX1, n° 4, octobre 2017)

Il serait certainement partiel, et partial, de limiter l’ennui à sa signification relative à son verbe pronominal, « s’ennuyer ». On peut aussi « ennuyer (quelqu’un) », et même « s’ennuyer de quelqu’un ». John Rickman, ce médecin et psychanalyste britannique singulier de la première moitié du XXe siècle, sensible au travail de groupe et à la relation interpersonnelle, a donné de la maladie mentale une définition qui n’a pas échappé à Winnicott : « ne pas être en mesure de trouver quelqu'un capable de vous supporter ». Il y a sans doute ce que tout psychanalyste aurait du mal à évoquer publiquement, tout en en souffrant (ou en s’en irritant) intérieurement, à savoir le patient « ennuyeux ». À un groupe de jeunes prêtres anglicans demandant conseil sur leurs activités d’accueil et d’aide, et sur les moyens de détecter le besoin d’une aide psychiatrique, Winnicott répondait que, « si une personne vient vers vous pour parler et qu’en l’écoutant vous avez le sentiment qu’elle vous ennuie, dans ce cas elle est malade et il lui faut un traitement psychiatrique. Mais si votre intérêt reste soutenu, peu importe la gravite de sa détresse ou de son conflit, dans ce cas vous pouvez très bien l’aider » (M. Khan, 1983).

Hélène Suarez Labat et Vassilis Kapsambelis

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mardi 17 octobre 2017

78e Congrès des Psychanalystes de Langue Française (CPLF) à Gênes (Italie) : Transformations et accomplissements psychiques


78e CPLF à Gênes (Italie)



Du jeudi 10 mai 2018 au dimanche 13 mai 2018 (grand week-end de l’Ascension)


Transformations et accomplissements psychiques


Organisé par la Société Psychanalytique de Paris et l’Association Psychanalytique Italienne, avec la participation l’Association Psychanalytique de France, et des Sociétés Psychanalytiques de Belgique, Brésiliennes de Porto Alegre (SPPA), Rio de Janeiro (Rio 2) et São Paulo (SBPSP), Canadienne, Espagnole, Hellénique, Israélienne, Portugaise, Suisse, des Associations Psychanalytiques d’Espagne, d’Italie et le concours de l’Association Psychanalytique Argentine (APA).


Deux rapports seront présentés :


Sabina LAMBERTUCCI MANN (SPP) :
Vicissitudes des transformations psychiques Le travail de la déformation


Giuseppe CIVITARESE (SPI) :
Traduire l’expérience : le concept de transformation dans Bion et la théorie post-bionienne du champ analytique

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vendredi 29 septembre 2017

Citation

Ainsi lorsque l'analyste semble agir comme un contenant pour les expériences que l'analysant lui rapporte,… l'analysant identifie projectivement de manière inconsciente son état émotionnel dans son image de l'analyste avec l'espoir de se débarrasser ainsi de sa souffrance et d’induire cet état dans l'analyste en manipulant l'image de ce dernier... l'analyste qui consent à être le coparticipant de cette aventure conjointe, devient ouvert et réceptif... [Cela] .... donne éventuellement lieu à une contre-création par l'analyste de l'image qu'il se fait des projections de l'analysant.

James S. Grotstein. La « transidentification projective » : une extension du concept d'identification projective in L'Année psychanalytique internationale 2006

mardi 26 septembre 2017

A paraître en novembre aux éditions d'Ithaque : "Après Lacan : le retour à la clinique", entretiens et introduction par Fernando Urribarri

Après Lacan : le retour à la clinique

Entretiens et introduction par Fernando Urribarri

En présentant douze entretiens tenus entre 1992 et 2011, Fernando Urribarri restitue ici une vingtaine d’années de dialogue avec les plus grandes figures du postlacanisme français. D’abord élèves de Jacques Lacan à l’époque du glorieux « retour à Freud », Laplanche, Pontalis, Aulagnier, McDougall et Green, allaient bientôt se séparer du « Maître» pour développer leurs propres pensées, inspirées avant tout d’un retour à la clinique.

Comme l’explique Pontalis, auteur du célèbre Vocabulaire de la Psychanalyse, dans l’un de ces entretiens, c’est en appliquant à la lettre la consigne lacanienne du « retour à Freud » que, paradoxalement, les plus brillants parmi cette génération finiront par s’éloigner de Lacan : un exercice de radicalité salutaire puisqu’il jettera les bases d’une pensée psychanalytique renouvelée, non dogmatique, en phase avec les bouleversements nosologiques du XXIe siècle.

Dans l’essai introductif, Urribarri revient sur le contexte historique de ces dialogues et en explicite l’importance pour le psychanalyste d’aujourd’hui.

ithaque-editions.fr

vendredi 22 septembre 2017

A paraître : "La clinique du psychanalyste aujourd’hui" de François Duparc aux éditions InPress

La clinique du psychanalyste aujourd’hui

François Duparc

Comment adapter les thérapies à des demandes de plus en plus variées liées aux mutations de nos sociétés contemporaines ? Comment offrir à chaque patient un cadre “sur mesure”, plutôt qu’un “prêt-à-porter” ?
 
François Duparc s’appuie sur sa longue pratique clinique et sur ses travaux théoriques pour nous livrer une réflexion sur la nécessaire transformation à laquelle doit se confronter la clinique psychanalytique. Son ouvrage est un plaidoyer pour un accueil de la diversité en clinique.
Face à une méthode standard, il propose une adaptation du cadre de la cure et la mise en place de stratégies de cure qui prendraient davantage en compte la diversité des profils des patients. Il invite à ouvrir la psychanalyse à des indications de doubles prises en charge, de psychothérapies analytiques en face-à-face, de psychodrame, de médiations thérapeutiques (dessins, écrits, ou musique) ou encore de relaxation psychanalytique.
 

Hystéries, phobies, dépression, anorexie, états limites, psychose, paranoïa… Pour chacune de ces demandes, l’auteur s’attache à comprendre la multiplicité des traumatismes propres aux différents âges de la vie, leurs conséquences en terme de souffrances ou de pathologies, et les stratégies que celles-ci vont rendre nécessaires. Car c’est une véritable stratégie – un terme de combattant – que met en place l’analyste en s’engageant contre la souffrance ou la défaillance psychique des patients qui le consultent.
Un socle de réflexion propre à faire évoluer la pratique psychanalytique en profondeur et un ouvrage qui fera date.


 http://www.inpress.fr/livre/la-clinique-du-psychanalyste-aujourdhui/

vendredi 15 septembre 2017

Citation

La psychothérapie ne consiste pas à donner des interprétations astucieuses et en finesse ; à tout prendre, ce dont il s'agit, c'est de donner à long terme en retour au patient ce que le patient apporte. C'est un dérivé complexe du visage qui réfléchit ce qui est là pour être vu. J'aime à penser ainsi à mon travail et aussi que, si je fais suffisamment bien cette tâche, le patient trouvera son propre soi, sera capable d'exister et de se sentir réel.

Donald W. Winnicott, Jeu et réalité

mardi 12 septembre 2017

Citation

Se sentir réel, c'est plus qu'exister, c'est trouver un moyen d'exister soi-même pour se relier aux objets en tant que soi-même et pour avoir un soi où se réfugier afin de se détendre.

Donald W. Winnicott, Jeu et réalité

mardi 18 juillet 2017

Citation

Il faut qu'une mère puisse tolérer de haïr son enfant sans rien y faire. Elle ne peut lui exprimer sa haine. Si, par crainte de ce qu'elle peut faire, elle ne peut pas haïr comme il convient lorsque son enfant lui fait mal, elle a recours au masochisme et je pense que c'est à l'origine de la théorie erronée du masochisme naturel chez les femmes.

Donald W. Winnicott, La haine dans le contre-transfert

vendredi 7 juillet 2017

Carnet/Psy n° 209 : Entretien avec Raymond Cahn

Entretien avec Raymond Cahn
par Serge Tisseron et Marie-Noëlle Clément

Le Carnet./psy n° 290, juillet 2017

Plan de l'article
  1. L’enfance d’un psychanalyste
  2. Les années de formation
  3. De l’apprentissage de la psychanalyse à la présidence de la SPP
  4. La rencontre avec l’œuvre de Winnicott
  5. La rencontre avec Denise Weill et la création du CEREP
 
www.carnetpsy.com
 
www.cairn.info

vendredi 30 juin 2017

A paraître : "Transitionnalité et sublimation", Revue française de psychanalyse n° 3, tome LXXXI

Colloque René Diatkine 2016
Argument

Transitionnalité et sublimation dans la cure

Paul DENIS

Plus que « les mots et les choses » il faut considérer les représentations et les choses. L’investissement des représentations, nées des expériences de satisfaction vécues avec des objets pulsionnels et des objets d’amour, est le fond même du plaisir au fonctionnement du psychisme. Au cours du processus analytique les associations libres déroulent ce jeu des représentations liées les unes aux autres et conduisent finalement à celles dont la charge affective, le potentiel d’excitation, étaient évités jusque-là, ou à ces représentations manquées que sont ces images porteuse d’une charge traumatique  qui vient rompre la continuité du fonctionnement psychique. Les « résistances » à l’analyse sont invariablement organisées par rapport au risque de surgissement d’affects trop violents, d’une excitation trop forte ou d’une rupture de la continuité du tissu psychique. Il s’agit finalement, au cours de l’analyse, d’ouvrir une voie élaborative, une voie psychique à ces foyers d’excitation enfouis, souvent plus réprimés que refoulés, et fauteurs d’agir.
Freud décrit parfaitement le dilemme du psychanalyste face aux résistances et à cette propension du patient à agir pour décharger ou mater son excitation ; dilemme car  l’analyste, malgré lui, se comporte en pompier pyromane. Freud prescrit de lutter contre le feu :
« Afin de maintenir sur le terrain psychique les pulsions que le patient voudrait transformer en actes, il entreprend contre ce dernier une lutte perpétuelle et quand il arrive, grâce au travail de la remémoration, à liquider ces pulsions, il considère ce résultat comme un triomphe du traitement » (Freud, 1914g, p. 112). Mais quels sont les moyens de la lutte ? Et la remémoration, sans doute, est un succès mais comme Freud l’indique ailleurs « c’est le travail qui permet à l’inconscient de devenir conscient qui est l’essentiel » : c’est un travail d’élaboration qui permet finalement que la remémoration apparaisse. Freud à l’époque est assez optimiste pour écrire que « Lorsque le transfert aboutit à un attachement utilisable de quelque façon, le traitement est en mesure d’empêcher tous les actes itératifs les plus importants du malade et d’utiliser in statu nascendi les intentions de celui-ci en tant que matériaux pour le travail thérapeutique » (Ibid). Trop optimiste quant à la possibilité d’empêcher grâce au transfert « tous les actes itératifs (…) du malade » mais raisonnablement optimiste lorsqu’il indique qu’il est possible d’utiliser « les intentions » du patient comme des « matériaux pour le travail analytique ». Il s’agit de convertir « l’intention » en élément pour une élaboration psychique de ce qui sous tendait « l’intention ». D’opérer à la fois une inhibition de but et un déplacement du registre de l’acte vers l’espace psychique. Ne sommes nous pas proches de l’idée de sublimation ? Et quelle serait la place de ce type de mouvement dans le « processus analytique » ?
Et Freud souligne l’importance du champ transférentiel : « Nous rendons cette compulsion [à l’agir] anodine, voire même utile, en limitant ses droits, en ne la laissant subsister que dans un domaine circonscrit. Nous lui permettons l’accès au transfert, cette sorte d’arène où il lui sera permis de se manifester dans une liberté quasi totale … » (Freud, 1914g, p. 113). Il n’y a pas de délit d’intention, il faut laisser l’intention s’exprimer : « Le transfert crée de la sorte un domaine intermédiaire entre la maladie et la vie réelle, domaine à travers lequel s’effectue le passage de l’une à l’autre » (Ibid, p. 113-114). Domaine intermédiaire, forme psychanalytique de l’aire transitionnelle de Winnicott ? Il est du reste possible que cette formulation de celui-ci ait inspiré celui-là. De là à considérer l’analyste, objet du transfert, comme forme d’objet transitionnel il n’y a qu’un pas…
L’idée de Freud d’utiliser des « constructions en analyse » — mais aussi des « représentations d’attente » — serait une façon d’offrir au patient un élément transitionnel, transitionnel dans la mesure où il appartient à ce domaine intermédiaire qui s’établit entre le psychisme du patient et celui de l’analyste.
La notion de jeu dans la technique analytique, introduite par Winnicott qui considère que l’analyse « se situe en ce lieu où deux aires de jeu se chevauchent, celle du patient et celle du thérapeute » (Winnicott, 1975, p. 55) a été reprise par différents auteurs[1],  et explicitement utilisée dans le psychodrame ; l’idée de jeu renvoie aux moyens qui permettent à l’analyste de donner à cette « lutte perpétuelle » par rapport à la propension du patient à recourir à l’agir, les moyens d’une élaboration.
La fréquence avec laquelle on observe l’apparition d’activités sublimatoires au cours d’une analyse est telle que celles-ci pourraient être considérées comme une latéralisation — souvent féconde — de ces mouvements de jeu apparus dans la cure. Certaines d’entre elles ont une valeur de remémoration, de retrouvailles avec des objets d’autrefois…
La sublimation est-elle aussi une forme du souvenir, et la remémoration une forme de sublimation ?
Le processus analytique peut-il être envisagé sous l’angle de l’établissement d’une forme de transitionnalité et du développement de mouvements sublimatoires ?
Paul Denis
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Freud S. (1914g), Répéter, remémorer, élaborer, La Technique psychanalytique, trad.A. Berman, Paris, Puf, 1953.
Winnicott D.W., Jeu et Réalité, Paris, Gallimard, 1975.

[1] En particulier en France par René Roussillon.